Menu principal:
Publications > Autres auteurs > 0678 (Le message de l'autre Jésus)
Du Conscient vers l'Inconscient
A la découverte du Fils de l'homme en compagnie de Jésus
Préface
Faites le tour de nos lieux de culte romands, un dimanche matin sur le coup des dix heures... Quoi de neuf sous nos clochers par rapport à ce qui se passait voici un demi-siècle?
En ville, on se regroupe, plusieurs paroisses de quartier, dans le même édifice.
A la campagne, accourus des villages à la ronde, on se retrouve dans la même chapelle. "Faut bien qu’on s’tienne chaud"!
En terme d’écologie, le phénomène se nomme désertification.
Dans le même temps, fleurissent sectes et gourous.
L’escalade prend des proportions telles qu’à renfort de médias, dignitaires et autorités multiplient les mises en garde, dénonçant le sans-gêne avec lequel certains exploiteurs de crédulités saignent le bon peuple.
Synodes et évêchés se lamentent.
Fini le temps où, un dimanche sur deux, un coup de semonce renvoyait chacun balayer devant sa porte: "Il a prêché l’péché". Et le culte suivant, les contrits retrouvaient le sourire: "Il a prêché la grâce".
Une analyse, certes trop sommaire, permet de dégager les linéaments suivants:
L'esprit pré-scientifique du siècle des lumières, par le rejet de l’autorité et du fanatisme au nom du progrès et de la raison, marque d’une pierre blanche le cheminement de notre civilisation: le retour en arrière n’est désormais plus possible.
Enfin l’on se penche sur les critères et la valeur du Vrai.
Le postulat d’objectivité, fondement de la démarche scientifique des 19ème et surtout 20ème siècles, ira jusqu’à dénoncer le vitalisme d’un Teilhard de Chardin ou d’un Bergson. C’est qu’il en va de performances indiscutables.
Extraire l’énergie d’un noyau d’atome, fouler le sol lunaire, implanter un nouveau coeur, percer les énigmes du phénomène vivant, signent l’accès de l’humanité à une maîtrise suscitant autant d’espérances que d’inquiétudes. Pourtant, il serait erroné d’en conclure que l’engouement pour l’Efficace puisse occulter le Religieux.
La démarche scientifique n’a qu’effleuré nos archaïsmes. Le mauvais présage dit-on, d’un chat noir sur la gauche de la route avait cours chez les Babyloniens déjà. En chacun de nous sommeille un rétrograde, un rêveur, plus attiré par le mystère, l’insondable, la divination que par l’énigme, la complexité, l’hypothèse.
Force est de constater que l’homme d’aujourd’hui, bien que nourri de prouesses de la science, sur un fond de traditions chrétiennes semi-avouées, sonde avec passion les horoscopes, les marcs de café, les tarots.
Du coeur de l’Homme, la superstition projette ses métastases au cortex cérébral. Si une vérité a pu blesser, c’est bien celle que Jacques Monod, prix Nobel, dénonçait (dans "Le Hasard et la nécessité" p. 186), puisque certains de ses pairs allèrent jusqu’à le désavouer... :"Nos sociétés (...) enseignent encore, du bout des lèvres, comme base de leur morale, un écoeurant mélange de religiosité judéo-chrétienne, de progressisme scientiste, de croyance en des droits "naturels" de l’homme, et de pragmatisme utilitariste".
Voilà où nous en sommes.
Dans leurs laboratoires, et afin de parvenir à la maîtrise croissante qu’on leur reconnaît, les chercheurs se sont astreints à une opération "table rase" systématique; de leur côté, les philosophes, pour quitter leurs systèmes et en concevoir de nouveaux, ont à tel point recouru au "table rase" que l’expression a pu en prendre une connotation philosophique.
Les théologiens, quant à eux, ne s’y sont jamais résolus.
Car, désavouer la Tradition, ou simplement l’ignorer, eût équivalu pour eux à scier la branche sur laquelle sont bâtis leurs systèmes.
Tout le drame est là.
Les systèmes religieux, tours de Babel branlantes, consistent en rafistolages plus ou moins sophistiqués.
La tradition chrétienne n’a d’égale dans sa complexité aussi bien que dans ses dérives, que la juive ou la musulmane.
Une exception de taille confirme la règle.
Un théologien romand, bravant une marée de condisciples organisés en synode, s’est astreint au "table rase" en authentique scientifique qu’il est par ailleurs (double formation de scientifique et de théologien).
Le pasteur Charles Rittmeyer prit pour postulat de départ que, pour saisir la pensée de Jésus, seules les paroles mises dans sa bouche par les évangélistes devaient être retenues.
Ce postulat l’amena à découvrir un enseignement d’une ampleur insoupçonnée et d’une rigueur à toute épreuve.
Mais laissons l’auteur du présent ouvrage présenter M. Rittmeyer, puis exposer ses propres études, invariablement basées sur le postulat ci-dessus évoqué.
Autour du pasteur Charles Rittmeyer est venue se grouper une cohorte de personnes intéressées par ces découvertes inattendues. Un fonds en faveur des activités du pasteur Rittmeyer (FAR) fut même créé, vice-présidé actuellement par le rédacteur de cette préface.
Quant à l’auteur du présent ouvrage, R. Olivary, il n’est pas inutile d’en évoquer l’itinéraire. Adolescent, Raymond Olivary donne parfois un coup de main au photographe du voisinage. C’est là qu’il découvre les propriétés de la lumière, dont notamment celle d’induire des images invisibles pouvant être développées par un révélateur. Il était alors à cent lieues de se douter du logion 84 de l’évangile de Thomas:
"Quand vous voyez votre ressemblance, vous vous réjouissez. Mais lorsque vous verrez vos images produites avant vous, qui ne meurent ni ne se manifestent, combien grand sera ce que vous supporterez".
A l’âge de 20 ans, Raymond Olivary est en possession de son certificat fédéral de photographe.
Pendant 20 ans, il pratique ce métier dont il acquiert toutes les ficelles.
Par besoin de renouvellement, il suit alors des cours et obtient son brevet d’enseignant ainsi qu’un certificat pour l’enseignement dans les classes terminales dites à options. Et pendant 20 ans, il pratique cette nouvelle profession. Il entre alors dans une féconde retraite.
Mais revenons à plus de 30 ans en arrière. Ayant retrouvé un ami de vieille date le pasteur Charles Rittmeyer qui vient d’être installé à Sainte-Croix, Raymond Olivary découvre l’abîme qui sépare ses convictions de celles de ce jeune pasteur.
En effet, tout ce qu’on avait inculqué au jeune Raymond en tant que croyances salvatrices se désagrégeait au profit d’une "Bonne Nouvelle" autrement plus consistante.
Dès lors, cette autonomie de pensée à laquelle chacun se trouve convié par le message même du Jésus historique, ne lui laisse plus de répit. Stimulé par ses propres réflexions, il chemine pas à pas dans la connaissance de l’Evangile vrai.
Décanter dans cet ouvrage ce qui, intellectuellement appartient à Raymond Olivary de ce qui revient à Charles Rittmeyer tiendrait de la gageure. (D’ailleurs, l’essence de la pensée de Jésus exclut la gloire personnelle...). Il est évident que l’un a ouvert la voie, alors que l’autre en a exploré les collatérales.
Que d’émerveillements à la clé de chacune de ces considérations scellées dans le roc! Que d’embûches épistémologiques il a fallu éviter, surmonter, dissoudre! que de symboles approchés, de relations établies, d’équivalences démontrées. L ‘aventure est exaltante et les découvertes à faire encore promettent des joies ... parfaites!
Laissons désormais au lecteur la liberté de progresser en compagnie de Raymond Olivary sur ce chemin nouveau, le chemin de l’épanouissement de la personne, tel que l’a conçu et enseigné Jésus et non tel que la tradition tente de le restituer sur la base de prémices erronées. Que ce livre fasse son chemin, lui aussi. Qu’il engage ses lecteurs réceptifs à la recherche autonome du Vrai.
Qu’il devienne pour le plus grand nombre un ferment de croissance, une occasion de se déplafonner intérieurement.
Qu’il mobilise, enfin, les psychés, suscitant par là l’éveil des Morts à la Vie.
Jacques Bovet